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Clif Ardi, la vie fait son œuvre.

La tradition qui associe l’abondance à la beauté est toujours très vivace en Amérique latine. Il n’est pas si loin le temps où l’artiste, Clif Ardi, Cécile Hardy de son vrai nom, séjourna au Nicaragua. Elle y rencontre la céramiste Rosi Lopez qui l’initie au travail de la céramique, mais également toute une culture bien différente de la nôtre.

Son monde n’est pas fait de maigres divinités, il est habité de belles femmes plantureuses, aux hanches pleines, qui se prélassent nonchalamment en songeant à leurs vies impossibles. Elle ne s'en remet pas à ses dons naturels. Il ne lui suffit pas de jouer de sa facilité. Certes, elle conserve une grande sincérité. Elle ne fait cependant de concession ni à la mode, ni aux faux-semblants, ni aux procédés de succès prouvé. Elle s'est nourrie de l'étude approfondie du peuple, d’une autre culture aux couleurs tropiques et elle nous en parle.

Aujourd’hui, la vie a fait son chemin. L’artiste est reconnue.

L’amour n’est jamais plus beau qu’humanisé par la tendresse. Clif Ardi ne montre pas les formes, elle les fait vivre : d'où parfois des déformations ou des raccourcis, qui ne sont ni naïveté, ni démonstration de virtuosité, mais fidélité à des femmes ou à des mères, anonymes ou apathiques, souvent massives, volumineuses, presque adipeuses mais combien maternelles, généreuses, protectrices et courageuses.

L’esthétique de ses personnages de terre est assez éloignée de l’orthodoxie des canons occidentaux. Et elle surprend toujours car les déformations excessives laissent croire à la caricature ou à l’ironie. C’est oublier qu’il y a peu de temps encore, en Afrique ou en Amérique centrale le fait d’avoir des formes renvoyait à une idée de prospérité, de joie, de bonne humeur, de bonhomie.

Ardi aime étonner, surprendre. Ses compositions colorées mêlent philosophie populaire, songe et réalité ; d’où l’étrange et fascinante attirance qu’elles exercent. Avec elle, l’art sort du ghetto étroit du classicisme pour s’emparer de l’espace, se développer hors des stéréotypes, des représentations.

Aujourd’hui, Clif Ardi nous propose une œuvre qui palpite . Un parcours captivant qui nous révèle avec pudeur la grâce d’une femme dont l’univers mérite de retenir toute notre attention.


Lucien Rama ;
Critique d’art
Janvier 2007